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Contes africains pour les tout-petits : que lire de 2 à 5 ans ?

Avant 6 ans, un enfant n’a pas besoin d’un recueil : il lui faut un album, une voix et de la répétition. Quels contes africains choisir de 2 à 5 ans, et comment les lire à voix haute.

En bref : avant 6 ans, un enfant n’a pas besoin d’un recueil de contes, il a besoin d’un album avec une seule histoire, d’une voix qui la lui lit, et de répétition. Les meilleurs contes africains pour cet âge sont courts, bâtis sur des animaux et des refrains, et lus le soir, toujours les mêmes, jusqu’à ce que l’enfant les récite avant vous. Trois albums d’auteures ivoiriennes ouvrent cette sélection, et nos recueils arrivent après, à voix haute, quand l’enfant tient dix minutes.

Nous avons déjà écrit un guide pour l’enfant qui apprend à lire, de 6 à 8 ans. Celui-ci répond à la question qui vient avant : que faire lire, ou plutôt que faire écouter, à un enfant qui ne lit pas encore.

Le tableau par âge

Âge Ce qui marche Qui lit Exemples
2-3 ans Album court, un animal, un refrain, une chute simple L’adulte, l’enfant montre du doigt Le Petit garçon bleu, Baobonbon
3-4 ans Album avec un vrai début, un problème, une fin L’adulte ; l’enfant anticipe la suite Le Coq qui ne voulait plus chanter, Mamy Wata et le monstre
4-5 ans Un conte entier, avec un ogre ou une ruse ; premiers contes de recueil, un seul par soir L’adulte, à voix haute Rafara, un conte de 54 Contes d’Afrique
4 ans et + L’écoute sans image, en voiture ou au coucher Personne : la voix vient de l’application ou du podcast KUMA, podcast 54 contes d’Afrique

Ce qu’un tout-petit attend d’un conte

Un enfant de 3 ans ne suit pas une intrigue, il suit des répétitions. Le lièvre rencontre l’éléphant, puis l’hippopotame, puis le lion : à la troisième rencontre l’enfant sait ce qui va se passer, et c’est exactement ce qui lui plaît. Il n’anticipe pas malgré la répétition, il anticipe grâce à elle.

Le conte africain est bien placé pour ça, parce qu’il vient de l’oral. Il a été fait pour être dit devant des enfants qui bougent, avec des formules qui reviennent, des dialogues, des animaux qui parlent et une chute nette. Ce qui rend un conte facile à lire à voix haute est aussi ce qui le rend facile à écouter à 3 ans.

Deux critères suffisent donc pour choisir :

  • Une seule histoire par livre. Un recueil de 27 contes à 3 ans est un très bel objet que personne n’ouvre. Il aura son heure.
  • Un texte qui se dit. Ouvrez le livre au hasard et lisez la page à voix haute. Si vous butez, l’enfant décrochera.

2-3 ans : l’album, l’animal, le refrain

Le Petit garçon bleu, de Fatou Keïta, illustré par Kyoko Dufaux (NEI, à partir de 3 ans). Un bébé naît bleu dans un village où tout le monde est comme tout le monde. Sera-t-il rejeté, accepté ? Le texte est court, l’idée est limpide, et l’auteure est ivoirienne : c’est le premier album à mettre entre les mains d’un tout-petit qui doit se voir dans un livre.

Baobonbon, de Satomi Ichikawa (l’école des loisirs, 3 à 6 ans). Paa, un petit garçon, part vendre des bananes et rencontre un baobab qui a soif. Un album à répétition, avec une chute sucrée. L’auteure n’est pas africaine et le pays n’est jamais nommé ; nous le citons parce qu’il fonctionne à cet âge, pas comme une source sur l’Afrique.

À 2 ans, on ne lit pas forcément tout le texte : on nomme les animaux, on fait les bruits, on tourne les pages ensemble. Le livre est un prétexte à la voix.

3-4 ans : un vrai début, un problème, une fin

Le Coq qui ne voulait plus chanter, de Fatou Keïta, illustré par Lassane Zohoré (NEI, collection Le Bois sacré). Un matin, le coq de Bognandougou décide de se taire, et tout le village s’en trouve chamboulé. C’est le conte de village par excellence : un lieu, un événement, une chaîne de conséquences que l’enfant suit sans peine.

Mamy Wata et le monstre, de Véronique Tadjo (NEI). Un album fondateur de la littérature jeunesse ivoirienne, inspiré des traditions de l’eau d’Afrique de l’Ouest, avec des illustrations de l’auteure elle-même et un texte qui se lit d’une voix. Le monstre y est un personnage, pas une menace : l’album convient bien avant l’âge des peurs nocturnes.

Ces deux albums viennent des Nouvelles Éditions Ivoiriennes, qui publient de la littérature jeunesse depuis Abidjan depuis les années 1990. Si vous voulez un livre africain pour un tout-petit, c’est le premier catalogue où chercher.

4-5 ans : le conte entier, et le premier recueil

Rafara, illustré par Anne-Catherine De Boel (Pastel, l’école des loisirs). Une petite fille abandonnée dans la forêt par ses sœurs, capturée par l’ogre Trimobe, sauvée par la magie. Le conte est merina, de Madagascar, même si la couverture dit seulement « conte populaire africain ». C’est un album long, à réserver aux enfants que le monstre n’effraie pas ; beaucoup l’adorent précisément pour ça.

Le premier conte de recueil. Vers 4 ou 5 ans, un enfant tient dix minutes d’écoute. C’est le moment d’ouvrir un recueil, à une condition : un seul conte par soir, choisi avec lui au sommaire. C’est ainsi que nous conseillons d’aborder 54 Contes d’Afrique avant 6 ans : l’adulte lit, l’enfant regarde l’illustration et cherche le pays sur la carte. Aucun âge n’est imprimé sur nos livres ; notre recommandation pour la lecture autonome reste 6 ans accompagné et 8 ans seul, et la lecture à voix haute est la porte d’entrée avant ça. Appliquez-nous le même test qu’aux autres : lisez une page à voix haute avant d’acheter.

Pour savoir quel tome contient le pays de la famille, ce guide donne la répartition.

Lire un conte à voix haute : trois gestes

  1. Changez de voix. Le lièvre parle vite et haut, l’éléphant lentement et bas. Un tout-petit suit les voix avant de suivre les mots.
  2. Laissez l’enfant finir les refrains. Dès la deuxième lecture, arrêtez-vous avant la formule qui revient : il la dira. C’est sa première lecture, bien avant l’école.
  3. Posez la question « et alors ? » avant de tourner la page. Il ne s’agit pas de vérifier qu’il a compris, mais de lui laisser deviner. Se tromper fait partie du jeu.

Et surtout, relisez le même livre. Un enfant de 3 ans qui réclame le même conte pour la vingtième fois n’est pas capricieux : il est en train de l’apprendre.

Écouter plutôt que lire

Il y a des soirs où personne n’a de voix, et des trajets en voiture qui durent. Notre application KUMA propose des contes africains à écouter et à lire, avec un quiz après chaque histoire, pour les 4 à 12 ans ; elle est disponible sur Google Play. Le podcast 54 contes d’Afrique se trouve sur notre page contes audio. Ni l’un ni l’autre ne remplace la voix d’un parent, mais les deux la relaient.

Questions fréquentes

Quel conte africain pour un enfant de 2 ans ?
Un album court avec un animal et un refrain, lu par un adulte : Le Petit garçon bleu de Fatou Keïta ou Baobonbon. À cet âge, on nomme et on fait les bruits plus qu’on ne lit.

Quel conte africain pour un enfant de 3 ans ?
Un album avec un vrai début et une vraie fin : Le Coq qui ne voulait plus chanter de Fatou Keïta, Mamy Wata et le monstre de Véronique Tadjo. Toujours une seule histoire par livre.

À partir de quel âge lire 54 Contes d’Afrique ?
À voix haute, un conte par soir, dès que l’enfant tient dix minutes, vers 4 ou 5 ans. Pour qu’il le lise seul, comptez 8 ans, et 6 ans accompagné. Aucun âge n’est imprimé sur le livre : c’est notre recommandation.

Les contes africains font-ils peur aux tout-petits ?
Certains contes ont un ogre ou un monstre. Avant 4 ans, choisissez les albums d’animaux et de village ; gardez Rafara pour un enfant qui aime avoir un peu peur.

Où trouver des albums d’auteurs africains pour les tout-petits ?
Chez les Nouvelles Éditions Ivoiriennes pour Fatou Keïta et Véronique Tadjo, et dans notre guide où acheter un livre africain pour enfant pour les librairies et boutiques en ligne.

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