Mémoire d'école · Côte d'Ivoire
« Mariam joue à la balle » : le livre de CP1 dont tout le monde se souvient (et ce que Mariam est devenue)
Publié le · CULTURE IVOIRIENNE
Cinq mots que des générations d'Ivoiriens n'ont jamais oubliés. Si vous cherchez l'ancien livre de CP1, la voici : leçon 1, le dessin, le ballon rouge. Ce qu'est devenu ce manuel, on vous le dit sans détour. Ce qu'est devenue Mariam, c'est une autre histoire — et elle a trente ans de plus.
La réponse courte, si vous cherchez le manuel
- Nous ne vendons pas l'ancien livre de lecture et nous ne l'avons pas : les éditions scolaires de cette époque ont quitté les librairies depuis longtemps.
- Où chercher : les groupes Facebook de souvenirs d'école et les forums de manuels anciens, entre particuliers. C'est aujourd'hui la seule piste sérieuse.
- Ce que nous avons, c'est la suite : Mariam Plays Ball, une bande dessinée ivoirienne inspirée de cette phrase — Mariam a grandi et joue au maracana d'Abidjan.
Le titre exact du manuel, son éditeur et son auteur ne sont pas établis publiquement : nous ne les inventons pas.
Une phrase apprise par cœur avant même de savoir lire
« Mariam joue à la balle. »
Pour des générations d'écoliers de Côte d'Ivoire, ce sont probablement les cinq premiers mots jamais lus d'une traite. Une phrase de livre de lecture, un dessin au-dessus : une petite fille en robe à pois, un ballon, des cases et des palmiers.
Un texte de tout début d'année
Le texte figure dans le livre de lecture du CP1 utilisé en Côte d'Ivoire à partir des années 1980, et il a été conservé dans l'édition de 1997. Ce n'est pas une leçon parmi d'autres : le manuel l'annonce « LEÇON 1 ». Des sons simples, faits pour être déchiffrés syllabe par syllabe puis récités en chœur — et la phrase donnée deux fois, en caractères d'imprimerie puis en cursive, parce qu'il fallait aussi apprendre à l'écrire.
D'où sa place dans la mémoire collective : on ne l'a pas lu une fois, on l'a ânonné des dizaines de fois, debout, en classe entière. Dans l'édition de 1997, le texte est page 6 ; il a été remanié dans les manuels suivants, puis a disparu après 2005.
Celle que tout le monde cite en premier
Les Ivoiriens de trente, quarante ou cinquante ans se lancent volontiers les phrases-souvenirs de leurs premières leçons — la moto de papa, le boubou d'Ama — et chacun défend celle de sa génération.
Mais « Mariam joue à la balle » a un statut à part.
Une fille, un ballon, en 1980
Il y a une raison à ça, au-delà de la nostalgie. Dans un livre de lecture des années 1980, faire jouer une fille au ballon n'était pas anodin : le football, dans la cour comme dans la rue, était le territoire des garçons.
Ces cinq mots donnaient, sans discours, une place à une petite fille dans un jeu qui ne lui était pas réservé.
Et puis la leçon suivante
Au CP1, Mariam jouait à la balle. Personne n'a jamais su contre qui, ni si elle gagnait. Le manuel s'arrêtait là : une phrase, un dessin, et on passait à la page d'après.
Trente ans plus tard, on a la réponse.
Où retrouver l'ancien livre ?
Disons-le franchement : nous ne le vendons pas, et nous ne l'avons pas. Les éditions scolaires de cette époque ont disparu des librairies depuis longtemps ; les exemplaires qui circulent encore sont des trouvailles de greniers, échangées entre particuliers.
Les groupes Facebook consacrés à « la belle époque » et les forums de manuels anciens sont, à notre connaissance, les seuls endroits où la chasse a des chances d'aboutir. Si vous en retrouvez un, gardez-le : c'est un morceau d'histoire de l'école ivoirienne.
Ce que nous pouvons vous offrir, c'est la suite de l'histoire.
Mariam a grandi
En 2022, l'équipe d'Ultimes Griots — une maison d'édition d'Abidjan — a repris la phrase mythique pour en faire une bande dessinée. Mariam y a un quartier, Gloglo, dans les ruelles d'Abidjan ; des amis, Adjoua la petite choco et Junior le timide ; une grand-mère, Nan, qui a son mot à dire sur tout ; un coach, Kalou ; et surtout un rêve que personne autour d'elle ne prend au sérieux : devenir une star du football.
Pas dans un stade — au maracana, le foot de quartier à l'ivoirienne, sur terrain de poussière, entre deux pneus en guise de poteaux.
Le clin d'œil est assumé dès le titre : la BD s'appelle Mariam Plays Ball, sous-titrée La nouvelle légende du Maracana. Elle a été lancée à Abobo en février 2022, en pleine Coupe d'Afrique des nations. La petite fille de la page de lecture est devenue une héroïne de papier avec un caractère, des doutes et des adversaires.
Ce qui n'a pas changé, c'est le sens. Dans les années 1980, une fille qui joue à la balle dans un livre de classe, c'était une porte entrouverte. En 2022, une fille qui veut devenir footballeuse dans une BD ivoirienne, c'est la même porte, poussée un peu plus fort — pour les Mariam d'aujourd'hui, et pour les garçons qui liront à côté d'elles.
Ce que contient la bande dessinée
Mariam Plays Ball
Les quatre épisodes de « La nouvelle légende du Maracana », réunis en un seul volume.
- Les quatre épisodes en un volume. La nouvelle légende du Maracana se lit d'une traite, sans avoir à chercher la suite ailleurs.
- Une histoire ivoirienne de bout en bout. Le nouchi des ruelles, le maracana, les mémés dégameuses, les grands frères qui ne croient à rien — et la ville d'Abidjan comme personnage.
- Un dessin pensé pour les enfants dès l'école primaire, et un récit qui parle aussi aux parents : ceux qui, justement, ont appris à lire sur la première Mariam.
- Un ISBN, un éditeur ivoirien, une impression soignée. Ce n'est pas un fanzine, c'est un livre qui tient une bibliothèque.
Les trois pages reproduites ici sont extraites du livre. L'âge conseillé est notre recommandation éditoriale, pas une mention imprimée sur l'album. Expédié depuis Abidjan ; livraison offerte à partir de 32 800 F CFA.
Frequently asked questions
Vendez-vous l'ancien livre de lecture de CP1 ?
Non. Nous ne le vendons pas et nous ne l'avons pas. Les éditions scolaires de cette époque ont disparu des librairies depuis longtemps ; les exemplaires qui circulent sont des trouvailles de greniers, échangées entre particuliers. Les groupes Facebook consacrés aux souvenirs d'école et les forums de manuels anciens sont, à notre connaissance, les seuls endroits où la recherche a des chances d'aboutir.
La bande dessinée est-elle le même livre que le manuel scolaire ?
Non. C'est une bande dessinée originale, inspirée de la phrase du livre de lecture. Elle reprend le personnage et le titre, puis raconte ce que le manuel n'a jamais dit : Mariam a grandi, elle vit à Abidjan et elle veut devenir une star du football.
À partir de quel âge peut-on lire la BD ?
Dès 7 ans, pour un enfant déjà à l'aise avec la lecture. C'est notre recommandation éditoriale : aucune tranche d'âge n'est imprimée sur le livre. Elle se lit très bien à deux, et les parents qui ont appris à lire sur la première Mariam y trouvent leur compte.
Combien d'épisodes contient le volume ?
Quatre. Le volume réunit les quatre épisodes de « La nouvelle légende du Maracana » : l'histoire se lit d'une traite, sans avoir à chercher la suite ailleurs.
Livrez-vous en dehors de la Côte d'Ivoire ?
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